Forum Opéra

Lohengrin — Vienne (Staatsoper)

arrow_back_iosarrow_forward_ios
Partager sur :
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest
Partager sur whatsapp
Partager sur email
Partager sur print
Spectacle
28 octobre 2018
Andreas Schager, il a mangé du lion

Note ForumOpera.com

3

Infos sur l’œuvre

Opéra romantique en trois actes, livret du compositeur.

Créé à Weimar le 28 août 1850.

Détails

Mise en scène
Andreas Homoki
Décors et costumes
Wolfgang Gussmann
Lumières
Franck Evin
Dramaturgie
Werner Hintze

Heinrich der Vogler
Kwangchul Youn
Lohengrin
Andreas Schager
Elsa von Brabant
Elza van den Heever
Friedrich von Telramund
Evgeny Nikitin
Ortrud
Petra Lang
Der Heerufer des Königs
Clemens Unterreiner

Choeur et Orchestre du Wiener Staatsoper
Direction musicale
Simone Young

Wiener Staatsoper, dimanche 28 octobre 2018, 17h30

Mais quel champion ! Jetez un œil sur la fiche Operabase d’Andreas Schager : c’est proprement stupéfiant. En six mois, trois séries de Parsifal (Berlin, Paris, Bayreuth), deux de Tristan (Berlin, Paris), un Max du Freischütz pour le plaisir. Pour les six prochains : deux fois les deux Siegfried (à Hambourg et à New York), un Tannhäuser, deux Strauss (dont une prise de rôle), et encore un Tristan. Au milieu de ce tourbillon, voilà l’Autrichien à la maison pour sa prise de rôle dans Lohengrin, dernier des grands rôles wagnériens abordé depuis le début de son ascension façon Blitzkrieg (2009 !). Lohengrin en apothéose, contre-intuitif ? Un simple concours de circonstances, on imagine, dans cette carrière si jeune et si incroyablement remplie. Un choix peut-être, pour infuser le héros romantique des parfums du wagnérisme le plus chimiquement parfait, pour en faire un quasi-Siegfried, ou un presque-Tristan. C’est réussi. On ne dit plus rien de la voix en elle-même : la projection, l’impact fou, la diction souveraine, l’engagement du souffle. On ne dit mot non plus de la déception que nous inspire son « In fernem Land », trop plein d’agitation (un illustre collègue a tué l’air pour un bon moment). Ce qui scotche surtout, dans la voix et aussi dans le personnage, c’est cette sorte d’abattage monstrueux qui ravage tout sur scène, l’ivresse sans la gueule de bois, la rage sans la violence. Schager, c’est cet animal blessé qui traverse cinq heures de spectacle sans jamais lâcher la bride ; pourvu qu’il ne s’épuise pas. Chapeau l’artiste.

En face, il faut du répondant. Quelle bonne idée de lui avoir adjointe Elza van den Heever ! Son Elsa n’est pas la plus attendue du petit monde lyrique : elle n’en est que plus admirable. Ce n’est qu’une demi-surprise, tant on a déjà admiré chez la sud-africaine la conduite de la ligne, l’impeccable musicalité, la couleur chaude mais aussi la mélancolie du timbre. Mais c’était jusqu’ici dans un autre répertoire (en est-ce pourtant vraiment un autre ?) : Verdi, Donizetti, Bellini. Chez Wagner, la leçon de style se double d’une incarnation princière : on n’est vraiment pas loin des meilleures Elsa (au hasard, d’une Harteros). Autour, des joies diverses. L’impeccable roi de Kwangchul Youn impressionne mais peine à imposer une personnalité. Evgeny Nikitin n’est pas dans son meilleur jour : son Telramund est bien sonore, mais pas loin d’être débraillé. Les maléfices de Petra Lang nous fichent toujours la trouille d’Halloween, mais ce sont ses aigus qui vont bientôt nous faire peur.

Les forces vives du Staatsoper nous donnent à entendre ce qu’est une grande maison. Orchestre au cordeau, si ce n’étaient les faussetés des suraigus chez les cordes (mais quels cuivres, quel violoncelle !). Simone Young tient sa phalange avec autorité, un grand sens du discours et une attention de chaque instant au plateau. Ce n’est pas révolutionnaire, mais c’est tout de même rondement mené. Forte impression des chœurs, surtout masculins, renversants.

La mise en scène d’Andreas Homoki, déjà reprise plusieurs fois depuis 2014, donc sans doute affadie, a été largement commentée (dans ces colonnes, par Yannick Boussaert et Pierre-Emmanuel Lephay), sans que personne ne puisse vraiment dire ce qu’elle apportait à l’œuvre. La réponse est probablement : rien de neuf, et même un peu d’ennui. Restent des effets de masses assez saisissants, des duos (dans le II surtout) pas trop mal agencés et une danse du cygne involontairement comique. Vous avez compris que l’essentiel était ailleurs.

Commentaires

VOUS AIMEZ NOUS LIRE… SOUTENEZ-NOUS

Vous pouvez nous aider à garder un contenu de qualité et à nous développer. Partagez notre site et n’hésitez pas à faire un don.
Quel que soit le montant que vous donnez, nous vous remercions énormément et nous considérons cela comme un réel encouragement à poursuivre notre démarche.

Note ForumOpera.com

3

Note des lecteurs

()

Votre note

/5 ( avis)

Aucun vote actuellement

Infos sur l’œuvre

Opéra romantique en trois actes, livret du compositeur.

Créé à Weimar le 28 août 1850.

Détails

Mise en scène
Andreas Homoki
Décors et costumes
Wolfgang Gussmann
Lumières
Franck Evin
Dramaturgie
Werner Hintze

Heinrich der Vogler
Kwangchul Youn
Lohengrin
Andreas Schager
Elsa von Brabant
Elza van den Heever
Friedrich von Telramund
Evgeny Nikitin
Ortrud
Petra Lang
Der Heerufer des Königs
Clemens Unterreiner

Choeur et Orchestre du Wiener Staatsoper
Direction musicale
Simone Young

Wiener Staatsoper, dimanche 28 octobre 2018, 17h30

Nos derniers podcasts

Nos derniers swags

This be her Verse, par Golda Schultz et Jonathan Ware

La parole aux femmes
CDSWAG

Le Bourgeois Gentilhomme

Un gentilhomme en fête
CDSWAG

Debussy La Damoiselle élue

Lignes claires
CDSWAG

Les dernières interviews

Stanislas de Barbeyrac : « Il y aura peut-être un jour Tristan, si je suis sage »

Interview

Questionnaire de Proust – Sophie Koch : « Christian Thielemann compte beaucoup pour moi »

Interview

Sophie Koch : « Aborder Isolde, c’est être devant l’Everest »

Interview

Les derniers dossiers

Questionnaire de Proust

Dossier

Les grands entretiens de Charles Sigel

Dossier

Philippe Boesmans (1936 – 2022)

Dossier

Zapping

Vous pourriez être intéressé par :

Die Frau ohne Schatten – Baden-Baden

Le rêve de l’enfant
Kirill PETRENKO, Elza VAN DEN HEEVER
Spectacle

Test je peux pas publier 2 mais après oui

Spectacle

Test Editeur modifier sans relecture nécessaire

Spectacle

INSTANT LYRIQUE Alexandre Marcellier, Marie-Andrée Bouchard-Lesieur — Paris (Opéra Comique)

Les servantes écarlates
Marie-Andrée BOUCHARD-LESIEUR, Yoan BRAKHA, Alexandra MARCELLIER
Spectacle