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Cabaret Songs — Paris (Bouffes du Nord)

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Spectacle
24 avril 2019
Enterrement de vie de garçons

Note ForumOpera.com

2

Infos sur l’œuvre

Textes de Wynstan Hugh Auden, musique de Benjamin Britten

Spectacle créé au Grand Théâtre de Luxembourg le 18 janvier 2018

Détails

Mise en scène

Olivier Fredj

Scénographie

Philippine Ordinaire

Costumes

Frédéric Llinarès

Lumières

Nathalie Perrier

Laurent Naouri, baryton

Richard Clothier, comédien

Cathy Krier, piano

Bouffes du Nord, mercredi 24 avril, 20h30

Ce n’est pas la première fois que la relation qui exista entre Benjamin Britten et le poète W.H. Auden inspire le théâtre : en 2009, Alan Bennett en tira une pièce intitulée The Habit of Art. Indépendamment de ce qu’elle put lui apporter sur le plan humain, et avant une rupture qui allait s’avérer irréversible, le compositeur en tira un nombre d’œuvres non négligeable, dont son premier opéra, Paul Bunyan, diverses mélodies, mais aussi diverses bandes-son destinées à des documentaires et, de ce fait, plus rarement entendues. En 1980, quatre ans après la mort de Britten, furent publiées quatre « Cabaret Songs » écrites vers la fin des années 1930, alors que les deux Britanniques s’étaient installés à New York.

Le metteur en scène Olivier Fredj a décidé à son tour de s’emparer de cette coexistence de deux génies pour en tirer un spectacle. Evidemment les susdites Cabaret Songs, qui ne durent guère plus d’un quart d’heure, ne suffiraient pas à occuper une soirée, aussi la poésie d’Auden – sans musique de Britten – a-t-elle également été convoquée, le tout autour du thème unificateur de l’amour, de l’amour impossible, qui n’ose pas dire son nom, Auden s’étant très tôt fait le prophète de l’homosexualité et ayant même encouragé à Britten à assumer sa véritable nature. Et comme si cela ne suffisait pas, en plus d’imaginer la rencontre de deux hommes qui revivent une liaison passée, on y a juxtaposé la vie rêvée d’une certaine Gypsy Rose Lee, qui fut la voisine d’Auden et Britten aux Etats-Unis, façon de justifier la présence de la pianiste qui accompagne les textes chantés.


C. Krier, R. Clothier, L. Naouri @ Bohumil Kostohryz

Malheureusement, une heure trente pour un spectacle à peu près dépourvu de fil narratif au sens traditionnel du terme, c’est sans doute un peu long. Malgré la qualité des textes d’Auden, malgré l’efficacité de la musique de Britten, on a parfois l’impression de piétiner ou de tourner en rond. Du côté des deux hommes, l’un est d’abord plus entreprenant, l’autre plus réticent à se souvenir, mais ce mince ressort dramatique ne dure pas, et les poèmes se succèdent sans logique flagrante. Côté musique, tout commence par l’excellent « Tell me the truth about love », partagé entre la pianiste, qui en lance les premiers mots (la partition prévoit qu’ils soient parlés), le comédien, qui en déclame plusieurs phrases, et le chanteur, qui finit par intervenir. Et l’on termine avec « Funeral Blues », qui donne son titre au spectacle et dont le texte a notamment été popularisé par le film Quatre mariages et un enterrement, les deux autres trouvant forcément leur place à un certain moment. Remarquons au passage que ces Songs étaient au départ destinées à une voix de femme, celle de Hedli Anderson : dit par un homme, leur texte prend aussitôt un sens homosexuel, en particulier « Johnny ». Et même si elles ressortissent d’un genre qu’on peut juger mineur, ces partitions n’en sont pas moins relativement exigeantes, et sont fréquemment interprétées dans le monde anglophones par des artistes confirmés aussi bien que par de jeunes chanteurs. S’il n’a plus l’insolence dans l’aigu dont il pouvait naguère se prévaloir, Laurent Naouri reste un interprète ô combien aguerri, parfaitement à l’aise avec la langue anglaise, et apte à traduire toute la charge émotionnelle des poèmes.

L’acteur Richard Clothier, dont l’anglais britannique est un régal à écouter, se dépense sans compter, avec un jeu très physique. Cathy Krier se montre tout à fait capable d’aller au-delà du simple rôle d’accompagnatrice pour incarner un véritable personnage.

La scénographie, nettement divisée en deux parties – un vestiaire sportif où l’on se déshabille, où l’on se douche et où l’on se rhabille pour les deux messieurs, un petit salon encombré de bibelots pour la dame – est signée Philippine Ordinaire, comme pour Marry Me a Little, vu récemment au Théâtre Marigny. Ce collage d’airs composés par Stephen Sondheim reposait lui aussi sur les épaules de trois artistes, mais avec un résultat beaucoup plus convaincant, peut-être simplement parce que plus bref et plus musical d’un bout à l’autre.

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Textes de Wynstan Hugh Auden, musique de Benjamin Britten

Spectacle créé au Grand Théâtre de Luxembourg le 18 janvier 2018

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Olivier Fredj

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