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Hamlet — Vienne (Theater an der Wien)

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Spectacle
26 avril 2012
Un peu de William Shakespeare dans Ambroise Thomas

Note ForumOpera.com

4

Infos sur l’œuvre

Opéra en 5 actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après la pièce éponyme de William Shakespeare, et son adaptation en français par Alexandre Dumas et Paul Meurice

Créé en 1868 à l’Opéra de Paris (salle Le Pelletier)

Détails

Mise en scène
Olivier Py
Décors
Pierre-André Weitz
Lumières
Bertrand Killy

Hamlet
Stéphane Degout
Ophélie
Christine Schäfer
Claudius
Phillip Ens
Gertrude
Stella Grigorian
Polonius
Pavel Kudinov
Laërte
Frédéric Antoun
Le Spectre
Jérôme Varnier
Horatio / Premier fossoyeur
Martijn Cornet
Marcellus / Deuxième fossoyeur
Julien Behr

Acteurs, figurants

Arnold Schönberg Chor
Chef des chœurs
Erwin Ortner

Wiener Symphoniker
Direction musicale
Marc Minkowski

Vienne, Theater an der Wien, le jeudi 26 avril 2012, 19h

 

Alors qu’un Don Carlos totalement intégral est joué au Staatsoper, le Theater an der Wien met à l’honneur le Hamlet d’Ambroise Thomas, avec une distribution massivement francophone, et un metteur en scène, Olivier Py, qui ne renonce pas à sa manière : l’esthétique, faite de briques sombres et d’immenses escaliers noirs, ne laisse aucun doute sur l’identité des concepteurs de la mise en scène ; le façonnement des personnages, parfois masqués, parfois badigeonnés de terre et de sang, rappellera les précédents spectacles signés par le tandem Py-Weitz. Mais jamais ces permanences, qu’il faut bien qualifier de redites, ne tombent dans la caricature ou dans la routine. Et jamais elles ne laissent planer le doute de la panne d’inspiration, que la seule pantomime du II, peuplée de gémellités fascinantes, suffirait à dissiper. En exigeant de ses chanteurs un engagement viscéral, presque effrayant, Py donne à l’opéra un surplus de crudité, de cauchemars et de brumes : il verse un peu de William Shakespeare dans son Ambroise Thomas.

Ecrasant défi pour les chanteurs, brillamment réussi. Dans le rôle éponyme, qu’il n’a commencé à chanter que l’année dernière, Stéphane Degout fascine. Le torse scarifié, le visage fermé, les mains tordues par l’angoisse, le corps, dénudé dans la confrontation avec la mère au Troisième acte, plié par la détresse, disent autant qu’une voix superlative, à sa place sur toute la tessiture et émaillée d’une diction sans faille, tout le mal-être du personnage. A ce Hamlet majeur répond l’Ophélie moins évidente de Christine Schäfer. Ni le français ni la musique d’Ambroise Thomas ne sont pour elle une langue natale. Mais elle parle couramment le théâtre d’Olivier Py, son humanité, sa profonde mélancolie, ses mouvements parfois erratiques qui mènent toujours les acteurs au bon endroit, au bon moment. Associée à une voix plus en chair qu’on ne l’aurait cru, et remarquablement efficace dans la fameuse scène de la folie, cette intime compréhension de la scène forme une héroïne bouleversante. Autour d’eux, que des figures humaines, fragiles et blessées : le Claudius alcoolique de Phillip Ens, la Gertrude vaguement nymphomane de Stella Grigorian sont de vrais personnages de théâtre en dépit d’un français plutôt exotique pour lui, d’un haut-registre parfois strident pour elle. Et même dans les seconds rôles, aucune silhouette qui n’ait son caractère, sa force, et surtout sa voix : le Laërte solaire et juvénile de Frédéric Antoun et le spectre marmoréen de Jérôme Varnier émerveillent par un sens aigu du phrasé et de l’élocution. Diction qui n’est pas non plus la moindre qualité du Chœur Arnold Schönberg, que décidément l’on n’aura jamais pris au cours de cette saison.

Après Pelléas et Mélisande après les Huguenots, après Roméo et Juliette, Marc Minkowski poursuit avec Olivier Py une collaboration tournée avant tout vers le répertoire français, si l’on excepte l’Idomenée mozartien du festival d’Aix-en-Provence. Il a gardé intacts l’enthousiasme, les fulgurances et le sens des dynamiques qui lui ont valu, dès les jeunes années de ses Musiciens du Louvre, ses premiers succès. Mais l’expérience des Wiener Symhponiker apporte à sa direction bouillonnante un surcroît d’élégance classique, de la modération dans les tempi, de l’équilibre dans les nuances, qui sonnent comme une belle maturité musicale. Comme un peu d’Ambroise Thomas versé dans William Shakespeare. 

 

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Opéra en 5 actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après la pièce éponyme de William Shakespeare, et son adaptation en français par Alexandre Dumas et Paul Meurice

Créé en 1868 à l’Opéra de Paris (salle Le Pelletier)

Détails

Mise en scène
Olivier Py
Décors
Pierre-André Weitz
Lumières
Bertrand Killy

Hamlet
Stéphane Degout
Ophélie
Christine Schäfer
Claudius
Phillip Ens
Gertrude
Stella Grigorian
Polonius
Pavel Kudinov
Laërte
Frédéric Antoun
Le Spectre
Jérôme Varnier
Horatio / Premier fossoyeur
Martijn Cornet
Marcellus / Deuxième fossoyeur
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Direction musicale
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