Forum Opéra

Récital Michael Spyres — Paris (Opéra Comique)

arrow_back_iosarrow_forward_ios
Partager sur :
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest
Partager sur whatsapp
Partager sur email
Partager sur print
Spectacle
4 mai 2018
Ténor, oui mais pas comme les autres

Note ForumOpera.com

3

Infos sur l’œuvre

Détails

Étienne Méhul, « Oh, Dieux, écoutez ma prière! », Ariodante

Jacques Offenbach, « Il était une fois », Les Contes d’Hoffmann

Gioachino Rossini, Ouverture, L’Italienne à Alger

Léo Delibes, « Ah! Viens dans la forêt profonde », Lakmé

Ambroise Thomas, « Adieu, Mignon, courage », Mignon

Léo Delibes, Airs de danse, Lakmé

Hector Berlioz, « Nature immense », La Damnation de Faust

Jules Massenet, Air de Saint Sulpice, Manon

Georges Bizet, Habanera, La Garde montante, Danse bohême, Carmen

Georges Bizet, « La fleur que tu m’avais jetée », Carmen

Gustave Charpentier, « Elle va paraître », Louise

Bis

Adolphe Adam, Le Postillon de Longjumeau, « Mes amis écoutez l’histoire »

Jacques Offenbach, « Il était une fois », Les Contes d’Hoffmann

Michael Spyres, ténor

Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine (OCNA)

Direction musicale

Jean-François Heisser

Paris, Opéra-Comique, vendredi 4 mai, 20h

Michael Spyres sans roulades, sauts de registre, grands écarts et autres acrobaties inhérentes au répertoire belcantiste est-il encore Michael Spyres ? Le chanteur américain qui a bâti l’essentiel de sa renommée sur les exploits vocaux d’une école de chant périlleuse entre toutes peut-il tourner le dos à ce qui a fait son succès, abandonner des partitions redoutables où il est sans rival pour des airs à la portée de tout ténor un tant soit peu dégourdi, ne plus mettre ses pas dans ceux des géants d’autrefois – Nourrit, Duprez, Nozzari – mais marcher avec le peloton ; chanter à son tour Don José, Hoffmann, et même la saison prochaine Florestan dans Fidelio ; accepter la comparaison, lui jusqu’alors incomparable, et devenir un ténor comme les autres ?

Tel serait le cas si le programme de ce récital Salle Favart, prélude à l’exhumation de La Nonne sanglante sur cette même scène le mois prochain, alignait des numéros comme à la parade, dans la seule intention de bomber le torse. Il n’en est rien. La démarche reste intelligente, guidée non cette fois par un grand chanteur du passé mais par l’esprit des lieux. Huit airs, d’Etienne Mehul à Gustave Charpentier, offrent un aperçu de l’histoire de l’Opéra-Comique, sans que ce panorama historique n’enferme dans sa zone de confort un ténor qui aime se mettre en danger. Aux périls de la virtuosité succèdent, aussi vertigineux, ceux de l’endurance et de l’expression, juste, absolue, suicidaire.

Hipster jovial à la mèche folle, Michael Spyres entre sur scène, d’abord débonnaire puis transfiguré dès que la musique débute, comme emporté par le flot de notes, possédé. S’impose d’emblée ce qui range le ténor parmi les meilleurs de sa catégorie : une prononciation exemplaire du français, une technique superlative avec un usage habile de la voix mixte, et plus encore la capacité d’entrer dans la peau du personnage jusqu’à se confondre avec le rôle, tendre, rêveur ou féroce selon l’humeur de la partition. Qu’il s’agisse de contrefaire Kleinzach monstrueux et drôle de monstruosité avant de céder au lyrisme éperdu du souvenir, de donner à comprendre la sensualité coupable de Gérald ou de présenter Ariodante dressé telle une statue antique sur son socle tragique, l’interprétation demeure saisissante de vérité. Les méfaits de la bronchite responsable de l’annulation la semaine dernière du Requiem de Berlioz restent cependant perceptibles. L’aigu lorsqu’il est émis en voix de poitrine trahit l’effort. Passée une « Invocation à la nature » homérique, qui chavire la salle et laisse le ténor en larmes, la fatigue devient évidente. Massenet encaisse l’engagement émotionnel. « La fleur que tu m’avais jetée » marche sur des œufs et les débordements amoureux de Julien face à un orchestre gonflé à l’hélium wagnérien sont autant de coups portés à un ténor chancelant. Dirigé par Jean-Francois Heisser, l’Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine apporte le soutien et, le temps de longues pages symphoniques, la respiration nécessaire à la soirée.

Nouvel Antée revigoré par les clameurs enthousiastes du public, Michael Spyres revient pour un Postillon de Longjumeau à la filiation rossinienne rendue évidente par l’agilité et l’usage subtil autant qu’inattendu du trille, puis reprend une nouvelle fois la chanson de Kleinzach dans son intégralité, mieux que chantée, vécue comme nul autre ténor aujourd’hui ne sait la vivre. 

Commentaires

VOUS AIMEZ NOUS LIRE… SOUTENEZ-NOUS

Vous pouvez nous aider à garder un contenu de qualité et à nous développer. Partagez notre site et n’hésitez pas à faire un don.
Quel que soit le montant que vous donnez, nous vous remercions énormément et nous considérons cela comme un réel encouragement à poursuivre notre démarche.

Note ForumOpera.com

3

Note des lecteurs

()

Votre note

/5 ( avis)

Aucun vote actuellement

Infos sur l’œuvre

Détails

Étienne Méhul, « Oh, Dieux, écoutez ma prière! », Ariodante

Jacques Offenbach, « Il était une fois », Les Contes d’Hoffmann

Gioachino Rossini, Ouverture, L’Italienne à Alger

Léo Delibes, « Ah! Viens dans la forêt profonde », Lakmé

Ambroise Thomas, « Adieu, Mignon, courage », Mignon

Léo Delibes, Airs de danse, Lakmé

Hector Berlioz, « Nature immense », La Damnation de Faust

Jules Massenet, Air de Saint Sulpice, Manon

Georges Bizet, Habanera, La Garde montante, Danse bohême, Carmen

Georges Bizet, « La fleur que tu m’avais jetée », Carmen

Gustave Charpentier, « Elle va paraître », Louise

Bis

Adolphe Adam, Le Postillon de Longjumeau, « Mes amis écoutez l’histoire »

Jacques Offenbach, « Il était une fois », Les Contes d’Hoffmann

Michael Spyres, ténor

Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine (OCNA)

Direction musicale

Jean-François Heisser

Paris, Opéra-Comique, vendredi 4 mai, 20h

Nos derniers podcasts

Nos derniers swags

This be her Verse, par Golda Schultz et Jonathan Ware

La parole aux femmes
CDSWAG

Le Bourgeois Gentilhomme

Un gentilhomme en fête
CDSWAG

Debussy La Damoiselle élue

Lignes claires
CDSWAG

Les dernières interviews

Stanislas de Barbeyrac : « Il y aura peut-être un jour Tristan, si je suis sage »

Interview

Questionnaire de Proust – Sophie Koch : « Christian Thielemann compte beaucoup pour moi »

Interview

Sophie Koch : « Aborder Isolde, c’est être devant l’Everest »

Interview

Les derniers dossiers

Questionnaire de Proust

Dossier

Les grands entretiens de Charles Sigel

Dossier

Philippe Boesmans (1936 – 2022)

Dossier

Zapping

Vous pourriez être intéressé par :

Die Frau ohne Schatten – Baden-Baden

Le rêve de l’enfant
Kirill PETRENKO, Elza VAN DEN HEEVER
Spectacle

Test je peux pas publier 2 mais après oui

Spectacle

Test Editeur modifier sans relecture nécessaire

Spectacle

INSTANT LYRIQUE Alexandre Marcellier, Marie-Andrée Bouchard-Lesieur — Paris (Opéra Comique)

Les servantes écarlates
Marie-Andrée BOUCHARD-LESIEUR, Yoan BRAKHA, Alexandra MARCELLIER
Spectacle