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Macbeth — Marseille

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Spectacle
6 octobre 2022
L’essentiel est préservé

Note ForumOpera.com

3

Infos sur l’œuvre

Opéra en quatre actes (Florence, Teatro della Pergola, 14 mars 1847)

Musique de Giuseppe Verdi

Livret de Francesco Maria Piave et Andrea Maffei, d’après la tragédie de William Shakespeare

Détails

Coproduction Opéra Grand Avignon / Opéra de Marseille

Mise en scène

Frédéric Bélier Garcia

Assistante à la mise en scène

Caroline Gonce

Décors

Jacques Gabel

Costumes

Catherine et Sarah Leterrier

Lumières

Dominique Bruguière

Assistant

Pierre Gaillardo

Surtitrage

Richard Neel

Régie

Qiang Li

Lady Macbeth

Anastasia Bartoli

Sa suivante

Laurence Janot

Deuxième apparition

Emilie Bernou

Troisième apparition

Pascale Bonnet-Dupeyron

Macbeth

Dalibor Jenis

Macduff

Jérémy Duffau

Malcolm

Nestor Galvàn

Banquo

Nicolas Courjal

Le médecin/ Une apparition/ Le serviteur de lady Macbeth

Jean-Marie Delpas

Un héraut

Tomasz Hajok

Chœur de l’Opéra de Marseille

Chef de chœur

Emmanuel Trenque

Orchestre de l’Opéra de Marseille

Direction musicale

Paolo Arrivabeni

Marseille, Opéra Municipal, Mardi 4 octobre 2022 à 20h

Pour ouvrir sa saison l’Opéra de Marseille affiche Macbeth dans une production créée in loco en 2016 dans une mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia. Les reprises, outre l’intérêt de nouvelles distributions, peuvent être pour les concepteurs du spectacle l’occasion d’y apporter des modifications susceptibles de l’améliorer. Il y en a eu probablement, au nombre desquelles la suppression de la danse lascive de Lady Macbeth autour du pilier descendu des cintres. Peut-être aussi la présence des trois femmes voilées qui remettent à Macbeth les attributs de la royauté, telles des Parques ? Mais le péché originel, celui d’une installation scénique inamovible – décor de Jacques Gabel – qui empêche les échanges entre le dangereux espace extérieur, celui de la nature où se déroulent les batailles en revenant desquelles les humains peuvent croiser des sorcières, et l’espace intérieur, a priori celui de la sécurité, au sein duquel les humains vivent et projettent des assassinats, est resté inchangé même si l’option a un alibi culturel.

L’univers des sorcières reste celui d’une grande maison patricienne très délabrée. On y voit un cadre de scène béant, et la référence est claire : le monde entier est un théâtre, dit Shakespeare dans Comme il vous plaira. Et Macbeth déclamera la formule devenue célèbre : « la vie… est un pauvre acteur qui s’agite et parade une heure sur la scène… un récit plein de bruit et de fureur qui ne signifie rien ». Mais la représentation d’une réunion de déments, de handicapés et de laissés-pour-compte, au lieu d’éveiller une curiosité intriguée et amusée – car les sorcières déjantées de Verdi ne sont pas loin d’être comiques – suscite un sentiment d’accablement et de pitié étranger à l’œuvre. La même installation scénique, un panneau mobile étant venu dissimuler le cadre de cette scène fictive, sert de décor au château de Glamis. Est-ce une commodité pour le spectacle ou cela a-t-il une signification ? Reste que les costumes et le mobilier donnent toujours une impression de disparate peu inspiré. Chose certaine, les lumières, signées Dominique Bruguière, ont été améliorées, les éclairs enchaînés témoignent à l’évidence d’un orage stationnaire, même si parfois la synchronisation avec les paroles serait à revoir.


Le banquet et l’apparition de Banquo © christian dresse

Côté distribution, les seconds rôles sont, comme toujours à Marseille, distribués judicieusement, avec convient-il de le souligner, une rafale de débuts. Si Jean-Marie Delpas reprend en grand professionnel les rôles d’utilité qu’il assumait déjà en 2016, la sculpturale Laurence Janot incarne pour la première fois la suivante en uniforme strict. Impeccables les prises de rôle de Néstor Galvàn en Malcolm et de Jeremy Duffau en Macduff, ce dernier passant avec conviction l’émotion de l’évocation paternelle à l’ardeur de qui va s’élancer au combat. Nicolas Courjal campe sans mal son premier Banquo, d’une droiture sans détours et à la fibre paternelle émouvante.  

Macbeth est au répertoire de Dalibor Jenis et ne lui pose aucun problème particulier en termes d’extension ou d’expressivité ; mais aurait-il des soucis dans le contrôle de l’émission ? Par moments la voix s’engorge brièvement. C’est plutôt le personnage qui n’emporte pas pleinement l’adhésion, peut-être parce qu’on lui impose un jeu d’acteur, dans sa première scène avec Lady Macbeth, où il apparaît excessivement soumis à sa femme. Cette conception existe, mais nous préférons celle où pour pousser son mari au crime elle le bouscule sans toutefois le mépriser.

Or c’est cette impression de tyran domestique que donne l’interprétation d’ Anastasia Bartoli. La voix est longue, homogène, le trille discret mais présent,  et les sauts d’octave assurés même si parfois les aigus frôlent la stridence. C’est donc moins la chanteuse que la comédienne qui suscite notre réticence. Dans sa scène d’entrée, les questions se bousculaient  – qui l’a formée ? Son jeu obéit-il aux consignes du metteur en scène ? Est-ce une parodie ? – tant le personnage proposé évoquait pour nous le jeu outré des « actrices » d’émissions quotidiennes de téléréalité, où la surenchère dans l’expressivité des regards et des gestes est l’alpha et l’oméga de la communication. Par la suite ces outrances, réservées aux tête-à-tête avec Macbeth, iront heureusement en diminuant et la scène de somnambulisme sera plutôt sobre. Auparavant le toast était aussi brillant que possible.


Lady Macbeth reine d’Ecosse (Anastasia Bartoli) © christian dresse

Elle sera la plus ovationnée des solistes. Ovationnés aussi, à juste titre, les artistes des chœurs et les musiciens. Les premiers confirment, alors que le maître d’œuvre de leur rédemption s’apprête à quitter Marseille pour Bruxelles, le haut niveau de qualité atteint, en particulier dans le morceau de bravoure du quatrième acte. Les seconds n’ont pas mesuré les signes d’approbation à l’endroit de Paolo Arrivabeni, à chacune de ses entrées dans la fosse. Sa direction est à la fois précise et prudente, par nombre de mini-pauses il écarte tout éventuel dérapage et compose énergiquement les  tableaux de la fresque, en obtenant les couleurs et les rythmes mûris par Verdi dans cette version de Paris, sans jamais exagérer la fougue ou alanguir la nervosité. Ce sera le mot de la fin ; le chant et la musique ont préservé l’essentiel !

 

 

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Opéra en quatre actes (Florence, Teatro della Pergola, 14 mars 1847)

Musique de Giuseppe Verdi

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Détails

Coproduction Opéra Grand Avignon / Opéra de Marseille

Mise en scène

Frédéric Bélier Garcia

Assistante à la mise en scène

Caroline Gonce

Décors

Jacques Gabel

Costumes

Catherine et Sarah Leterrier

Lumières

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Marseille, Opéra Municipal, Mardi 4 octobre 2022 à 20h

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