Forum Opéra

Il turco in Italia — Liège

arrow_back_iosarrow_forward_ios
Partager sur :
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest
Partager sur whatsapp
Partager sur email
Partager sur print
Spectacle
1 novembre 2022
Parle-leur de l’Orient lointain, de Turcs et de bunga bunga

Note ForumOpera.com

3

Infos sur l’œuvre

Dramma buffo per musica en deux actes de Gioachino Rossini (1792-1868) sur un livret de Felice Romani

Créé au Teatro alla Scala de Milan le 14 août 1814

Détails

Mise en scène
Fabrice Murgia
Décors
Vincent Lemaitre
Costumes
Marie-Hélène Balau
Lumières
Nicolas Olivier
Vidéo
Giacinto Caponio

Donna Fiorilla, jeune napolitaine
Elena Galitskaya
Zaida, bohémienne
Julie Bailly
Don Narciso, chevalier servant de Fiorilla
Mert Süngü
Albazar, ami de Zaida
Alexander Marev
Selim, prince turc
Guido Locansolo
Don Geronio, mari de Fiorilla
Bruno De Simone
Prosdocimo, poète
Biagio Pizzuti

Orchestre et Chœurs de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège
Direction musicale
Giuseppe Finzi

Opéra Royal de Wallonie-Liège, samedi 29 octobre 2022, 20h

Donna Fiorilla est habitée par le démon de midi. Son mari est un vieillard vaniteux et autoritaire, son amant est fade. Subséquemment, quand elle voit débarquer d’un navire le beau Turc qu’est Selim Damelec, son cœur ne fait qu’un tour. C’est normal. La nature a ses droits que la raison ignore, surtout que le prétexte de la découverte ethnographique est brandi par l’un comme par l’autre. Tristes tropiques. 

Situer l’action d’une farce belcantiste en plein âge d’or du cinéma italien est une ficelle un peu épaisse, elle est à tout le moins éculée. Fabrice Murgia flanque ses protagonistes de pulls à losanges, de pantalons de golf, de robes d’organdi, il fait descendre le Turco d’un camion remorque, ses zingari sont habillés comme Tina Turner dans Mad Max III et Don Geronio égrène son sillabico en tapotant sur le clavier de sa remington. La petite troupe est suivie par des cadreurs qui permettent la projection de gros plans (pas toujours très flatteurs ni bien cadrés) augmentés d’un filtre de type Instagram pour faire vintage. D’où vient que d’un assemblage aussi prosaïque naisse un spectacle aussi charmant, aussi drôle et aussi euphorisant ? À la qualité des solistes, sans doute (on y reviendra) mais aussi à la finesse de Murgia qui, enrichissant l’intrigue de running gags, rend à ce boulevard orientaliste et nihiliste tout son tonus.


Fiorilla (Elena Galitskaya) © DR
 

Du côté des chanteurs on admire tout d’abord Bruno De Simone (Don Geronio) qui campe le barbon idéal, avec son timbre riche et intact, ses insolentes vocalises, son sillabico hérité d’Enzo Dara et – surtout – une vis comica qui fait de lui l’égal des grands génies de la comédie italienne que sont Alberto Sordi ou Vittorio Sgarbi. Privé de son air d’entrée, le Narciso de Mert Süngü apparaît comme légèrement en retrait, mais le ténor turc (réellement turc, pour le coup) finit par s’imposer au deuxième acte. Le poeta de Biago Pizzuti est tonitruant, fin et drôle alors que le Selim de Guido Loconsolo est plus proche de la verve d’un Simone Alaimo que de la luxuriance plastique d’un Samuel Ramey. Enfin, il faut rendre à la Fiorilla d’Elina Galitskaya l’hommage qui lui est dû : incandescente et sincère, elle s’accommode sans doute de quelques compromis avec la partition mais brûle les planches (et l’écran). Son triomphe aux applaudissements est particulièrement touchant. Des figures connues complètent la distribution : Julie Bailly (Zaida) pleine de gouaille et Alexander Marev, Albazar dépoitraillé, dans un rôle presque trop étroit pour sa grande voix.

Reste l’orchestre qu’on aura trouvé ce soir un peu fatigué (c’était la dernière) sous la battue de Giuseppe Finzi, pleine de bonnes intentions, mais manquant de tension et peinant à donner aux ensembles leur juste éclat. Les artistes de chœur apportent à la foule une présence investie et caractérisée, ils sont par ailleurs infiltrés par une série de figurants drôles et émouvants. 

Commentaires

VOUS AIMEZ NOUS LIRE… SOUTENEZ-NOUS

Vous pouvez nous aider à garder un contenu de qualité et à nous développer. Partagez notre site et n’hésitez pas à faire un don.
Quel que soit le montant que vous donnez, nous vous remercions énormément et nous considérons cela comme un réel encouragement à poursuivre notre démarche.

Note ForumOpera.com

3

Note des lecteurs

()

Votre note

/5 ( avis)

Aucun vote actuellement

Infos sur l’œuvre

Dramma buffo per musica en deux actes de Gioachino Rossini (1792-1868) sur un livret de Felice Romani

Créé au Teatro alla Scala de Milan le 14 août 1814

Détails

Mise en scène
Fabrice Murgia
Décors
Vincent Lemaitre
Costumes
Marie-Hélène Balau
Lumières
Nicolas Olivier
Vidéo
Giacinto Caponio

Donna Fiorilla, jeune napolitaine
Elena Galitskaya
Zaida, bohémienne
Julie Bailly
Don Narciso, chevalier servant de Fiorilla
Mert Süngü
Albazar, ami de Zaida
Alexander Marev
Selim, prince turc
Guido Locansolo
Don Geronio, mari de Fiorilla
Bruno De Simone
Prosdocimo, poète
Biagio Pizzuti

Orchestre et Chœurs de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège
Direction musicale
Giuseppe Finzi

Opéra Royal de Wallonie-Liège, samedi 29 octobre 2022, 20h

Nos derniers podcasts

Nos derniers swags

This be her Verse, par Golda Schultz et Jonathan Ware

La parole aux femmes
CDSWAG

Le Bourgeois Gentilhomme

Un gentilhomme en fête
CDSWAG

Debussy La Damoiselle élue

Lignes claires
CDSWAG

Les dernières interviews

Stanislas de Barbeyrac : « Il y aura peut-être un jour Tristan, si je suis sage »

Interview

Questionnaire de Proust – Sophie Koch : « Christian Thielemann compte beaucoup pour moi »

Interview

Sophie Koch : « Aborder Isolde, c’est être devant l’Everest »

Interview

Les derniers dossiers

Questionnaire de Proust

Dossier

Les grands entretiens de Charles Sigel

Dossier

Philippe Boesmans (1936 – 2022)

Dossier

Zapping

Vous pourriez être intéressé par :

Die Frau ohne Schatten – Baden-Baden

Le rêve de l’enfant
Kirill PETRENKO, Elza VAN DEN HEEVER
Spectacle

Test je peux pas publier 2 mais après oui

Spectacle

Test Editeur modifier sans relecture nécessaire

Spectacle

INSTANT LYRIQUE Alexandre Marcellier, Marie-Andrée Bouchard-Lesieur — Paris (Opéra Comique)

Les servantes écarlates
Marie-Andrée BOUCHARD-LESIEUR, Yoan BRAKHA, Alexandra MARCELLIER
Spectacle