Forum Opéra

La Belle Hélène — Bordeaux

Partager sur :
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest
Partager sur whatsapp
Partager sur email
Partager sur print
Spectacle
22 mai 2011
En hommage à Jane Rhodes

Note ForumOpera.com

2

Infos sur l’œuvre

Opéra-bouffe en 3 actes

Livret d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy.

Créé à Paris au Théâtre des Variétés le 17 décembre 1864.

Détails

Mise en scène et scénographie, Frédéric Maragnani

Costumes, Hervé Poeydomenge

Lumières, Christophe Pitoiset

Chorégraphe, Faizal Zeghoudi

Hélène, Maria-Riccarda Wesseling

Oreste, Christine Tocci

Bachis, Anaïs Mahikian

Parthoenis, Orianne Moretti

Pâris, Sébastien Droy

Ménélas, Rodolphe Briand

Agamemnon, René Schirrer

Calchas, Philippe Ermelier

Achille, Xin Wang

Ajax I, Michel Vaissière

Ajax II, Olivier Déjean

Léoena, Aurélie Ligerot

Orchestre National Bordeaux Aquitaine

Chœur de l’Opéra National de Bordeaux

Direction musicale, Claude Schnitzler

Bordeaux, Grand-Théâtre, 22 mai 2011, 15h

L’Opéra de Bordeaux rend hommage à Jane Rhodes récemment disparue1, en lui dédiant ces représentations de La Belle Hélène. Il parait en effet légitime d’honorer celle qui, à l’orée des années 1970, contribua à anoblir un répertoire que l’on avait pris l’habitude de confier à des chanteurs de deuxième catégorie. Pour autant, on aurait tort de penser que de grandes voix suffisent à résoudre tous les problèmes posés par l’opéra-bouffe en général et La Belle Hélène, en particulier.

Maria-Riccarda Wesseling, qui à Bordeaux interprète la Reine de Sparte, compte déjà à son palmarès Octavian, Carmen, Idamante, Iphigénie et autres rôles exigeants tant vocalement que scéniquement. Suisse d’origine, elle maîtrise parfaitement le français. Aussi bonne actrice que chanteuse, elle se glisse dans le personnage avec une facilité que beaucoup peuvent lui envier. Est-elle pour autant La Belle Hélène ? Non, pas exactement, car il en est de la fille de Léda comme de Carmen ou d’autres grandes héroïnes de l’art lyrique : promue au rang de mythe, elle catalyse des attentes qui dépassent le cadre d’une simple interprétation. Outre l’aisance scénique, Maria-Riccarda Wesseling a toutes les notes requises, une technique suffisamment aguerrie pour se jouer des quelques acrobaties vocales que lui réserve la partition (notamment celles périlleuses de « L’homme à la pomme » réalisées ici avec beaucoup de subtilité). Alors ? Peut-être eût-il fallu plus de rondeur dans le timbre, d’opulence dans le grave, de brillant dans l’aigu, tous ces pigments qui, mélangés, habillent l’épouse de Ménélas d’une sensualité allégorique.

Est-ce la raison pour laquelle la mise en scène repose moins sur la personnalité du rôle-titre que sur le physique avantageux de Sébastien Droy (dont Frédéric Maragnani exhibe à l’envi un torse qui pourrait figurer en devanture de la nouvelle boutique d’Abercrombie & Fitch sur les Champs-Elysées) ? Le ténor qui a déjà interprété Pâris à Lausanne et à Strasbourg avec un talent également souligné par Christophe Schuwey2 et Pierre-Emmanuel Lephay3 ne semble pas à Bordeaux au meilleur de sa forme. La prononciation reste châtiée mais en limitant l’usage de la voix mixte, Sébastien Droy ôte au fils du roi Priam une grande partie de ce qui fait son charme : l’insolence et l’éclat. De fait, le chant parait raide, l’aigu souvent tendu et l’acteur embarrassé par un personnage qui hésite entre Elvis Presley et Fonzie (de la série TV Happy Days).

Il serait cependant injuste de faire porter le chapeau d’une déception toute relative aux seuls protagonistes. La mise en scène de Frédéric Maragnani peine aussi à trouver le ton juste.

Retoucher un livret dont certaines répliques peuvent sembler datées est un mal inévitable. On a ici évité le pire : les dialogues sont actualisés avec modération et sans vulgarité. On déplore en revanche la suppression de la scène du jeu de l’oie et d’une partie du duo d’amour (dont on ne comprend pas la mutilation, cette page étant l’une des plus remarquables de la partition).

La transposition de l’intrigue au milieu des années 1960, dans un quartier de Bordeaux nous vaut la reproduction de décors réels (la caserne des pompiers de La Benauge et la piscine de Bègles) ainsi que des costumes à l’avenant. Le parti-pris n’est pas suffisamment exploité pour que l’on puisse comprendre, sans lire le programme, que ce décor urbain abrite l’entrepreneur Ménélas et sa femme « qui soupire d’amour pour le beau mécanicien, qui pourrait être l’employé de son époux ». L’œuvre d’Offenbach ne s’en porte pas plus mal. Elle supporte plus difficilement une scénographie limitée et la chorégraphie répétitive de Faizal Zeghoudi qui s’acharne à faire exécuter au fil des actes les mêmes pas de jerk à quatre éphèbes plus ou moins dénudés.

Passons vite sur le Chœur de l’Opéra National de Bordeaux que l’on a connu plus vigoureux et sur l’Oreste de Christine Tocci qui recueille aux saluts un succès que l’on n’explique pas. La direction de Claude Schnitzler, si elle privilégie le détail au mouvement, ne manque pas de verve. Surtout, on apprécie le trio désopilant que forment Rodolphe Briand (Ménélas), René Schirrer (Agamemnon) et Philippe Ermelier (Calchas). Sans rien retirer au mérite des deux barytons, on a souvent connu Agamemnon et Calchas réjouissants. Mais un Ménélas aussi drôle que bien chantant s’avère suffisamment rare pour qu’on lui réserve la place normalement dévolue au meilleur : celle de la fin.

 

1 Lire l’hommage que nous lui avons consacré

2 Lire le compte-rendu de La Belle Hélène à Lausanne en décembre 2008

3 Lire le compte-rendu de La Belle Hélène à Strasbourg en décembre 2010

 

Commentaires

VOUS AIMEZ NOUS LIRE… SOUTENEZ-NOUS

Vous pouvez nous aider à garder un contenu de qualité et à nous développer. Partagez notre site et n’hésitez pas à faire un don.
Quel que soit le montant que vous donnez, nous vous remercions énormément et nous considérons cela comme un réel encouragement à poursuivre notre démarche.

Note ForumOpera.com

2

Note des lecteurs

()

Votre note

/5 ( avis)

Aucun vote actuellement

Infos sur l’œuvre

Opéra-bouffe en 3 actes

Livret d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy.

Créé à Paris au Théâtre des Variétés le 17 décembre 1864.

Détails

Mise en scène et scénographie, Frédéric Maragnani

Costumes, Hervé Poeydomenge

Lumières, Christophe Pitoiset

Chorégraphe, Faizal Zeghoudi

Hélène, Maria-Riccarda Wesseling

Oreste, Christine Tocci

Bachis, Anaïs Mahikian

Parthoenis, Orianne Moretti

Pâris, Sébastien Droy

Ménélas, Rodolphe Briand

Agamemnon, René Schirrer

Calchas, Philippe Ermelier

Achille, Xin Wang

Ajax I, Michel Vaissière

Ajax II, Olivier Déjean

Léoena, Aurélie Ligerot

Orchestre National Bordeaux Aquitaine

Chœur de l’Opéra National de Bordeaux

Direction musicale, Claude Schnitzler

Bordeaux, Grand-Théâtre, 22 mai 2011, 15h

Nos derniers podcasts

Nos derniers swags

This be her Verse, par Golda Schultz et Jonathan Ware

La parole aux femmes
CDSWAG

Le Bourgeois Gentilhomme

Un gentilhomme en fête
CDSWAG

Debussy La Damoiselle élue

Lignes claires
CDSWAG

Les dernières interviews

Stanislas de Barbeyrac : « Il y aura peut-être un jour Tristan, si je suis sage »

Interview

Questionnaire de Proust – Sophie Koch : « Christian Thielemann compte beaucoup pour moi »

Interview

Sophie Koch : « Aborder Isolde, c’est être devant l’Everest »

Interview

Les derniers dossiers

Questionnaire de Proust

Dossier

Les grands entretiens de Charles Sigel

Dossier

Philippe Boesmans (1936 – 2022)

Dossier

Zapping

Vous pourriez être intéressé par :

Die Frau ohne Schatten – Baden-Baden

Le rêve de l’enfant
Kirill PETRENKO, Elza VAN DEN HEEVER
Spectacle

Test je peux pas publier 2 mais après oui

Spectacle

Test Editeur modifier sans relecture nécessaire

Spectacle

INSTANT LYRIQUE Alexandre Marcellier, Marie-Andrée Bouchard-Lesieur — Paris (Opéra Comique)

Les servantes écarlates
Marie-Andrée BOUCHARD-LESIEUR, Yoan BRAKHA, Alexandra MARCELLIER
Spectacle