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Cinq questions à Wim Henderickx

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5 questions
7 août 2014

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Wim Henderickx (°1962) a étudié la composition au Conservatoire royal d’Anvers, à l’Internationale Ferienkurse für Neue Musik à Darmstadt, et a participé aux cours de sonologie à l’IRCAM à Paris et au Conservatoire royal de La Haye. Sa production comprend essentiellement des partitions de musique de chambre, de musique pour orchestre et d’opéra. Loin de la volonté d’abstraction des esthètes modernistes, son processus d’écriture est régulièrement motivé par un programme et reflète l’influence de la musique et de la philosophie orientale. L’un de ses premiers opéras, Triumph of the Spirit over Matter, fut créé avec succès par le Théâtre de la Monnaie à Bruxelles en mars 2000. Son opéra pour jeunes, Achilleus, représenté pour la première fois en 2003 au Vlaamse Opera, dénonce avec subtilité l’horreur des enfants-soldats. Il revient au mois d’août, dans le cadre du Zomer van Antwerpen, avec une production pour les petits et les grands, De Koningin zonder land d’après le livre éponyme de Paul Verrept.

L’opéra occupe une place importante dans votre œuvre. Pourquoi, d’après vous, l’opéra (le genre et la forme) constitue-t-il encore un moyen d’expression privilégié du compositeur au XXIe siècle ?

L’opéra parle des grandes émotions humaines, de la condition humaine [en français dans le texte], et il joint une combinaison d’arts. En fait, c’est l’une des formes d’art les plus complètes et parfaites pour moi. La voix chantée humaine est encore plus intense que la voix parlée. L’orchestre sert d’adversaire psychologique, d’antagoniste. C’est un genre qui a ses racines dans la tradition et offre toutes sortes de possibilités pour l’avenir. Il est actuel parce que vous pouvez utiliser le multimédia et l’électronique.

Que vous apporte votre résidence au Muziektheater Transparant, depuis 1996 ?

Beaucoup ! Pouvoir construire une oeuvre avec un partenaire de confiance, se lancer ensemble dans une quête, entreprendre un parcours n’est pas évident. Composer pour cette institution m’a donné la possibilité de pouvoir évoluer en profondeur et en toute liberté sur le plan artistique. La combinaison artiste structure doit être en mesure de croître et grâce à la confiance mutuelle on y parvient depuis près de 20 ans ! Pouvoir travailler dans de plus grandes coproductions, également à l’étranger, par exemple Triumph of Spirit over Matter (avec la Monnaie en 2001), Achilleus (avec le Vlaamse Opera en 2003 et Det Kongelige Teater Kopenhagen en 2006) et Void (avec entre autres deSingel Antwerpen, Zürcher Theater Spektakel et Stavanger, Capitale culturelle de l’Europe en 2008), offre de merveilleuses possibilités à un compositeur. Pour diriger mon propre travail (Void en 2007-2008 et Medea en 2010-2011) je pouvais aussi compter sur tout leur soutien et leur confiance.

Quel est le point de départ de De Koningin zonder land ?

C’est une commande de Muziektheater Transparant afin de réaliser, en collaboration avec Wouter Van Looy [le metteur en scène] et Paul Verrept, une nouvelle production de théâtre en musique. L’histoire de Paul Verrept fut le point de départ qui a fixé la structure musicale. J’ai tout de suite décidé de ne pas faire chanter l’histoire et donc de ne pas l’utiliser comme un livret, afin de m’octroyer ainsi une liberté musicale beaucoup plus grande. Le thème de la perte totale dans cette histoire m’a inspiré. En ce qui concerne l’effectif, j’ai opté pour quatre chanteurs accompagnés par deux percussionnistes et de l’électronique. Comme dans la plupart de mes œuvres, j’ai choisi une sorte de musique rituelle.

De Koningin zonder land est-il spécialement destiné aux enfants ou s’adresse-t-il également aux adultes ?

De Koningin zonder land est un spectacle familial. J’ai essayé de composer une musique qui est compréhensible et qui peut s’adresser à un large public. Toutefois, cela ne signifie pas qu’il est fait d’une trame reconnaissable ou accessible – je n’aime pas les compromis dans ce domaine. C’est une musique stimulante et très contrastée, qui comprend tant des passages éthérés et mélodiques que de la musique d’inspiration ethnique et propulsée par le rythme. Selon moi, composer pour les jeunes ou pour les adultes n’est en rien différent. Vous ne pouvez certainement pas sous-estimer un jeune public. Il est très agréable de réaliser un spectacle familial, parce que vous pouvez vous adresser à des générations tellement différentes qui viennent ensemble regarder et écouter.

Quels sont vos projets futurs, dans le domaine de l’opéra ?

D’une part, je voudrais continuer l’exploration du théâtre musical, car il s’agit d’un medium tellement diversifié qui offre de nombreuses possibilités. J’ai le sentiment de n’avoir certainement pas encore tout dit. D’autre part, j’ai vraiment envie d’explorer plus encore le grand dispositif que constitue l’opéra​​. Dans mon prochain opéra, j’aimerais travailler avec un grand orchestre symphonique, un chœur et du multimédia.

 

>> De Koningin zonder land, du 5 au 23 août 2014 au Hangar aan hoek Van Praetstraat en A. Greinerstraat (voorheen Vulkaanstraat) Hoboken, (plus d’informations)

 

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