Forum Opéra

Galerie Dorée, le concert du tricentenaire

arrow_back_iosarrow_forward_ios
Partager sur :
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest
Partager sur whatsapp
Partager sur email
Partager sur print
DVD
24 janvier 2020
Entre Farnèse et Versailles

Note ForumOpera.com

2

Infos sur l’œuvre

Détails

Jean-Baptiste Lully

Marche pour la cérémonie des Turcs (Le Bourgeois gentilhomme)

Joseph Haydn

Adagio et allegro (Symphonie Le Matin, Hob. I :6)

Georg Friedrich Haendel

Come, Zephyrs come (Semele)

François Couperin

Les Barricades mystérieuses

Tic Toc Choc

Félicien David

Allegretto (Quatuor n° 1)

Marin Marais

Les Voix humaines

Atsushi Sakai

Improvisation dans le style bunraku

Jean-Philippe Rameau

Danse du grand calumet de la paix

Wolfgang Amadeus Mozart

Allegro (Quatuor en si bémol majeur, « La Chasse », K. 458)

Jean-Baptiste Prin

Fanfare de chasse

Joseph Haydn

Menuet (Symphonie Le Soir, Hob. I :8)

Georg Friedrich Haendel

Un pensiero nemico di pace (Il trionfo del tempo e del disinganno)

Luigi Boccherini

Virgo virginum praeclara (Staba Mater)

Antonio Vivaldi

Allegro (Il gardellino, RV 428)

Allegro (Tempesta di mare, RV 433)

Il Sonno, fantasmi (La note, RV 439)

Georg Friedrich Haendel

Da tempeste (Giulio Cesare)

Marc-Antoine Charpentier

Prélude (Te Deum)

Jean-Baptiste Lully

Marche pour la cérémonie des Turcs (Le Bourgeois gentilhomme)

Jodie Devos, soprano

Thomas Dunford, luth

Tami Krausz, traverso

Justin Taylor, clavecin

Atsushi Sakai, violoncello

Quatuor Cambini-Paris

Le Concert de la Loge

Direction musicale et violon

Julien Chauvin

Enregistré en juin 2018

1 Livre + DVD BelAir Classiques BAC171 – 77 minutes

En 1635, Louis Phélypeaux de La Vrillière décida de doter son hôtel particulier de ce qui se faisait de mieux en matière de luxe architectural et commanda donc à François Mansart une galerie tout aussi fastueuse que celle du palais Farnèse (décorée par les Carrache entre 1597 et 1607), mais deux fois plus longue. Pour en peindre le plafond, il fit appel à un certain François Perrier, collaborateur de Simon Vouet. Et pour en orner les murs, il y fait accrocher une dizaine de toiles commandées aux meilleurs artistes italiens, la dernière étant livrée en 1665. De cette première galerie, il ne reste… pas grand-chose, on va le voir. En 1713, Louis-Alexandre de Bourbon rachète l’hôtel et décide d’en redécorer la galerie dans le goût de son temps, d’où la présence de boiseries. Après la Révolution, tout l’édifice connut un déclin quasi irrémédiable. En 1865, on décida de sauver ce qui pouvait l’être, mais pour cela le bâtiment fut d’abord détruit ; si les boiseries furent démontées et restaurées, le plafond fut remplacé par une copie, l’original disparaissant à tout jamais. Quant aux douze grandes toiles, elles furent dispersées entre différents musées de France, des copies s’y substituant. La « galerie dorée » de l’hôtel de La Vrillière témoigne donc aujourd’hui surtout de l’art de la restauration au XIXe siècle, raison pour laquelle elle n’est pas classée  l’inventaire des monuments historiques.

Qu’à cela ne tienne, l’endroit n’en est pas moins magnifique et désormais associé à Gérard Depardieu-Marin Marais dirigeant la marche des Turcs de Lully dans Tous les matins du monde. Le 19 juin 2018 on en fêta le tricentenaire, du moins cela de son aspect actuel, avec ses miroirs et ses boiseries plus proches de la Galerie des Glaces que du palais Farnèse. Le label BelAir Classiques publie à présent la captation du « concert du tricentenaire » conçu par Julien Chauvin en partie à base de « tubes » baroques, et de manière à refléter le programme iconographique du lieu.

A noter que ce film ajoute au concert filmé en public plusieurs séquences tournées sur les mêmes lieux, mais en l’absence d’auditeurs, ce qui permet aux éclairagistes de varier les effets et à la caméra de s’approcher plus près des instrumentistes. Cela nous vaut aussi, en complément de la très riche iconographie reproduite dans ce livre-disque, de belles images en gros plan des peintures du plafond, des sculptures qui décorent les dessus de portes, et même des quatre statues « à la manière de » représentant les quatre continents et ajoutées en 1872. Ainsi se justifie la présence d’un extrait du Quatuor n° 1 de Félicien David, composé en 1868, dans un programme dont tous les autres ingrédients datent d’entre 1670 et 1785.

Les formes musicales y couvrent une large gamme, depuis les solos instrumentaux (transcription pour luth d’une composition de Marin Marais pour viole de gambe, Couperin et Rameau au clavecin, une improvisation au violoncelle) aux symphonies et concertos pour flûte et orchestre en passant par les quatuors.

Et bien sûr, il y a aussi une voix, et quelle voix, puisque c’est à Jodie Devos qu’il a été fait appel. En dehors de quelques incursions chez Rameau (un Pygmalion et 2017, et la fameuse production des Indes galantes à l’Opéra de Paris en septembre dernier), le répertoire de la soprano belge se situait néanmoins surtout dans une période commençant avec Mozart et allant jusqu’à Poulenc. L’un des intérêts de ce concert était donc de découvrir de quoi cette Lakmé, cette Reine de la Nuit pouvait nous offrir chez Haendel, dont elle aborde ici trois airs. On retrouve bien sûr le charme du timbre et l’agilité irréprochable de la voix de Jodie Devos, mais du fait des circonstances même du concert, où la soprano n’intervenait que très ponctuellement, et de la nouveauté de ce territoire pour l’interprète qui commence à l’explorer, il faut reconnaître qu’on reste un peu sur sa faim en termes d’incarnation. Difficile ainsi d’être vraiment Cléopâtre, ou du moins d’imprimer à « Da tempeste » toute la vigueur qu’on en attend ; même « Un pensiero nemico di pace », dont une Cecilia Bartoli livrait jadis une version survoltée, semble ici bien sage. Plus adapté paraît alors l’extrait du Stabat Mater  de Boccherini, dont la musique met bien davantage en valeur l’image « resplendissante » de la Vierge que l’invitation à pleurer la mort du Christ. De belles promesses, donc, qui donnent à espérer que Jodie Devos se voie bientôt offrir l’occasion de chanter Haendel sur scène.

Commentaires

VOUS AIMEZ NOUS LIRE… SOUTENEZ-NOUS

Vous pouvez nous aider à garder un contenu de qualité et à nous développer. Partagez notre site et n’hésitez pas à faire un don.
Quel que soit le montant que vous donnez, nous vous remercions énormément et nous considérons cela comme un réel encouragement à poursuivre notre démarche.
belairclassiquesbac171

Note ForumOpera.com

2

Note des lecteurs

()

Votre note

/5 ( avis)

Aucun vote actuellement

Infos sur l’œuvre

Détails

Jean-Baptiste Lully

Marche pour la cérémonie des Turcs (Le Bourgeois gentilhomme)

Joseph Haydn

Adagio et allegro (Symphonie Le Matin, Hob. I :6)

Georg Friedrich Haendel

Come, Zephyrs come (Semele)

François Couperin

Les Barricades mystérieuses

Tic Toc Choc

Félicien David

Allegretto (Quatuor n° 1)

Marin Marais

Les Voix humaines

Atsushi Sakai

Improvisation dans le style bunraku

Jean-Philippe Rameau

Danse du grand calumet de la paix

Wolfgang Amadeus Mozart

Allegro (Quatuor en si bémol majeur, « La Chasse », K. 458)

Jean-Baptiste Prin

Fanfare de chasse

Joseph Haydn

Menuet (Symphonie Le Soir, Hob. I :8)

Georg Friedrich Haendel

Un pensiero nemico di pace (Il trionfo del tempo e del disinganno)

Luigi Boccherini

Virgo virginum praeclara (Staba Mater)

Antonio Vivaldi

Allegro (Il gardellino, RV 428)

Allegro (Tempesta di mare, RV 433)

Il Sonno, fantasmi (La note, RV 439)

Georg Friedrich Haendel

Da tempeste (Giulio Cesare)

Marc-Antoine Charpentier

Prélude (Te Deum)

Jean-Baptiste Lully

Marche pour la cérémonie des Turcs (Le Bourgeois gentilhomme)

Jodie Devos, soprano

Thomas Dunford, luth

Tami Krausz, traverso

Justin Taylor, clavecin

Atsushi Sakai, violoncello

Quatuor Cambini-Paris

Le Concert de la Loge

Direction musicale et violon

Julien Chauvin

Enregistré en juin 2018

1 Livre + DVD BelAir Classiques BAC171 – 77 minutes

Nos derniers podcasts

Nos derniers swags

This be her Verse, par Golda Schultz et Jonathan Ware

La parole aux femmes
CDSWAG

Le Bourgeois Gentilhomme

Un gentilhomme en fête
CDSWAG

Debussy La Damoiselle élue

Lignes claires
CDSWAG

Les dernières interviews

Stanislas de Barbeyrac : « Il y aura peut-être un jour Tristan, si je suis sage »

Interview

Questionnaire de Proust – Sophie Koch : « Christian Thielemann compte beaucoup pour moi »

Interview

Sophie Koch : « Aborder Isolde, c’est être devant l’Everest »

Interview

Les derniers dossiers

Questionnaire de Proust

Dossier

Les grands entretiens de Charles Sigel

Dossier

Philippe Boesmans (1936 – 2022)

Dossier

Zapping

Vous pourriez être intéressé par :

Compositrices : une anthologie en 10 cd par le Palazzetto Bru Zane

Les connues, les moins connues, les inconnues…
Cyrille DUBOIS, Aude EXTRÉMO, Yann BEURON
CD

Mozart in Milan, Sacred music around the Exsultate, jubilate

L’ombre milanaise du Padre Martini
Maximiliano BAÑOS, Federico FIORIO, Raffaele GIORDANI
CD

Voyage intime

L’arbitraire de l’intime
David KADOUCH, Sandrine PIAU
CD

Strauss : Four last songs

Rachel Willis-Sørensen en quête de l’essentiel
Andris NELSONS, PILGRIM SEBASTIAN, Rachel WILLIS-SØRENSEN
CD