Forum Opéra

Charles Gounod, Cantates et musique sacrée

arrow_back_iosarrow_forward_ios
Partager sur :
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest
Partager sur whatsapp
Partager sur email
Partager sur print
CD
24 janvier 2018
Aile d’ange ou cuisse de nymphe ?

Note ForumOpera.com

3

Infos sur l’œuvre

Marie Stuart et Rizzio (1837)

Fernand (1839)

La Vendetta (1838)

Messe vocale (1843)

Christus factus est (1842)

Hymne sacrée (1843)

Messe de Saint-Louis des Français (1841)

Détails

Gabrielle Philiponet, Chantal Santon-Jeffery, Judith Van Wanroij, sopranos

Caroline Meng, mezzo-soprano

Sébastien Droy, Artavazd Sargsyan, Yu Shao, ténors

Alexandre Duhamel, baryton

Nicolas Courjal, Basse

Choeur de la Radio flamande

Brussels Philharmonic

Direction musicale

Hervé Niquet

Enregistré à Bruxelles et à Heverlee en avril et juin 2016, et en septembre 2017

2 CD Palazzetto Bru Zane ES 1030 – 59’41 + 68’50

Pour le jeune Charles Gounod, le dilemme fut longtemps cornélien : devait-il se tourner vers la prêtrise ou composer pour le théâtre ? Devait-il écouter ses penchants ou suivre les injonctions de sa mère ? Au fil des années, ayant renoncé à servir Dieu directement, il allait trouver le moyen de concilier ses diverses aspirations, tant en incluant dans ses œuvres scéniques des moments de religiosité – la fameuse « Scène de l’église » dans Faust, l’inspiration de Polyeucte – qu’en consacrant sa musique à l’exaltation de la foi chrétienne, avec des œuvres comme Rédemption ou Mors et vita.

Ouvrant ses portes à Gounod à l’occasion du bicentenaire de sa naissance, la collection « Prix de Rome » du Palazzetto Bru Zane reflète très exactement cette tension entre deux orientations. Les deux disques enchâssés dans le livre réalisé avec tout le soin habituel sont consacrés, l’un aux trois cantates soumises au concours trois années de suite, jusqu’à l’obtention du Premier Grand Prix, l’autre à des œuvres pieuses conçues à Rome entre 1840 et 1842, dont l’un des fameux « envois » exigés par l’administration du concours. Est-ce à dire que le premier disque est tout entier voué au registre profane et aux séductions du théâtre, et le second exclusivement dédié à la plus sévère piété ? Ce serait trop simple.

Le CD1 propose les cantates dans un ordre non chronologique. Comme l’explique Alexandre Dratwicki dans son texte d’accompagnement, Gounod arrive à une date-charnière du Prix de Rome, lorsque la cantate imposée, qui a déjà pris un caractère dramatique plus évident avec le passage à deux voix au lieu d’une, atteint son apogée opératique au moment où l’on introduit une troisième voix. Les effets sur lesquels reposait à la même époque le triomphe de Meyerbeer sont désormais permis aux candidats. On est frappé par les préludes orchestraux que Gounod propose : Hervé Niquet ne manque pas de mettre en valeur la saisissante introduction de la cantate de 1837, ou le prologue de celle de 1839, à la fois mozartien et annonciateur du début de l’acte du jardin de Faust. Le premier essai peut sembler un peu laborieux, mais le succès final de Fernand ne surprend pas, car malgré ses concessions aux conventions du temps, c’est une vraie réussite. Et le trio y prend la forme d’une prière, « Dieu qui lit dans les cœurs » (prière aussi dans La Vendetta, mais à deux voix, « Dieu, dont l’éternelle clémence »). Et bien sûr, ce sont ces trois cantates qui offrent aux chanteurs le plus d’occasions de briller. Chez les dames, on retrouve Chantal Santon-Jeffery, souvent sollicitée par le PBZ, qui campe avec pudeur son personnage de mère corse. La voix de Gabrielle Philiponet ne cesse de prendre de l’ampleur, au point de devoir parfois se montrer précautionneuse pour ne pas malmener la musique. Quant à l’héroïne de Fernand, Judith Van Wanroij y est superbe et confirme qu’elle est parfaitement apte à aborder les partitions du XIXe siècle, où l’on commence seulement à l’entendre plus régulièrement : gageons qu’elle sera dans quelques jours une magnifique interprète du Tribut de Zamora. Chez les messieurs, Nicolas Courjal confirme sa véritable adéquation avec le répertoire français, Sébastien Droy se tire correctement du rôle de Rizzio, mais la véritable révélation, c’est l’autre ténor, ce Yu Shao que l’on avait pu voir dans Le Timbre d’argent. Mais qui chante aussi bien, se demande-t-on, qui chante dans un français aussi châtié, avec un timbre aussi charmant ? Le ténor chinois, qui fait ici merveille et qu’il y urgence à retrouver dans cette musique ; espérons que le petit rôle de Ruiz dans Le Trouvère en juin prochain à Bastille lui permettra d’aborder ensuite de vrais grands rôles.

Côté musique religieuse, malgré la belle prestation du Chœur de la radio flamande, on est d’abord un peu refroidi par l’austérité extrême de la Messe vocale, archaïsant et a cappella (l’orgue mentionné dans le livret ne s’entend guère). Les pages avec orchestre sont d’un attrait plus manifeste, et l’on est immédiatement séduit par le Christus factus est, à la mélodie caressante, où le théâtre reprend ses droits, et où Judith Van Wanroij ravit l’oreille une fois encore. Dans l’Hymne sacrée, l’essentiel du texte est confié au baryton soliste, un très convaincant Alexandre Duhamel, précédé par le ténor Artavazd Sargsyan, à l’aigu souvent un peu tendu. Et la Messe de Saint-Louis-des-Français permet de mieux écouter le beau timbre grave de Caroline Meng. 

Commentaires

VOUS AIMEZ NOUS LIRE… SOUTENEZ-NOUS

Vous pouvez nous aider à garder un contenu de qualité et à nous développer. Partagez notre site et n’hésitez pas à faire un don.
Quel que soit le montant que vous donnez, nous vous remercions énormément et nous considérons cela comme un réel encouragement à poursuivre notre démarche.
telechargement_4

Note ForumOpera.com

3

Note des lecteurs

()

Votre note

/5 ( avis)

Aucun vote actuellement

Infos sur l’œuvre

Marie Stuart et Rizzio (1837)

Fernand (1839)

La Vendetta (1838)

Messe vocale (1843)

Christus factus est (1842)

Hymne sacrée (1843)

Messe de Saint-Louis des Français (1841)

Détails

Gabrielle Philiponet, Chantal Santon-Jeffery, Judith Van Wanroij, sopranos

Caroline Meng, mezzo-soprano

Sébastien Droy, Artavazd Sargsyan, Yu Shao, ténors

Alexandre Duhamel, baryton

Nicolas Courjal, Basse

Choeur de la Radio flamande

Brussels Philharmonic

Direction musicale

Hervé Niquet

Enregistré à Bruxelles et à Heverlee en avril et juin 2016, et en septembre 2017

2 CD Palazzetto Bru Zane ES 1030 – 59’41 + 68’50

Nos derniers podcasts

Nos derniers swags

This be her Verse, par Golda Schultz et Jonathan Ware

La parole aux femmes
CDSWAG

Le Bourgeois Gentilhomme

Un gentilhomme en fête
CDSWAG

Debussy La Damoiselle élue

Lignes claires
CDSWAG

Les dernières interviews

Stanislas de Barbeyrac : « Il y aura peut-être un jour Tristan, si je suis sage »

Interview

Questionnaire de Proust – Sophie Koch : « Christian Thielemann compte beaucoup pour moi »

Interview

Sophie Koch : « Aborder Isolde, c’est être devant l’Everest »

Interview

Les derniers dossiers

Questionnaire de Proust

Dossier

Les grands entretiens de Charles Sigel

Dossier

Philippe Boesmans (1936 – 2022)

Dossier

Zapping

Vous pourriez être intéressé par :

Compositrices : une anthologie en 10 cd par le Palazzetto Bru Zane

Les connues, les moins connues, les inconnues…
Cyrille DUBOIS, Aude EXTRÉMO, Yann BEURON
CD

Mozart in Milan, Sacred music around the Exsultate, jubilate

L’ombre milanaise du Padre Martini
Maximiliano BAÑOS, Federico FIORIO, Raffaele GIORDANI
CD

Voyage intime

L’arbitraire de l’intime
David KADOUCH, Sandrine PIAU
CD

Strauss : Four last songs

Rachel Willis-Sørensen en quête de l’essentiel
Andris NELSONS, PILGRIM SEBASTIAN, Rachel WILLIS-SØRENSEN
CD