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Les Adieux de Wotan à Limoges

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Brève
11 décembre 2020
Les Adieux de Wotan à Limoges

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Dans la série des initiatives mises en place par les institutions lyriques, en France et ailleurs, en réaction à la crise sanitaire, l’Opéra de Limoges propose en ligne un récital intitulé « Les Adieux de Wotan et le monde du Lied ». Outre les fameux « Wotans Abschied » extraits de Die WalküreVincent Le Texier accompagné au piano par Ancuza Aprodu interprètera des Lieder de Loewe, Schumann et Wolf (voir programme détaillé et note d’intention ci-dessous). 

Diffusion ce soir vendredi 11 décembre à 20h30, sur la chaîne You Tube de l’Opéra et sur Facebook.

 


PROGRAMME 

Carl Loewe (1796-1869)

  • Herr Oluf op.2 N°2 (Herder)
  • Odin’s Meeresritt op.118 (Schreiber)
  • Edward op.1 N°1 (Herder)
  • Erlkönig op.1 N°3 (Goethe)

Richard Wagner (1813-1883)

  • Wotans Abschied (Die Walküre)

Robert Schumann (1810-1856)

  •  Auf dem Rhein op 51 N°4 (Immermann)
  • Die Feindlichen Brüder op.49 N°2 (Heine)
  • Es leuchtet meine Liebe op.127 N°3 (Heine)
  • Belsazar op.57 (Heine)

Hugo Wolf (1860-1903)

  • Verborgenheit (Goethe)
  • Der Feuerreiter (Goethe)
  • Prometheus (Goethe)

 

NOTE D’INTENTION PAR VINCENT LE TEXIER ET ANCUZA APRODU

Quelles correspondances tisser entre « les adieux de Wotan » à Brünnhilde, point central de la Tétralogie de Wagner de par sa situation à la fin de la première journée du Ring, mais aussi ce qui les précède et ce qui les suit, et le monde du Lied, qu’il soit antérieur ou postérieur à ce monument de l’opéra du XIXe siècle ? En quoi les textes mis en musique par Loewe, Schumann ou Wolf font-ils écho à ce dont nous parle ce chef d’œuvre hors dimensions ?

Voilà les questionnements qui sont à la base de la construction de ce récital.

La hiérarchie instituée entre dieux au ciel, géants sur la terre et gnomes dans les mondes souterrains, l’univers tel qu’il est institué et organisé lorsque la Tétralogie commence, se reflète dans la morale du Grenzen der Menschheit goethéen.

Dans Auf dem Rhein, Immermann évoque les trésors des Nibelungen, qu’aucun voleur ne peut atteindre, au contraire d’Alberich dans L’Or du Rhin.

La révolte de ce dernier et la désobéissance de la Walkyrie lorsque Wotan lui ordonne d’abandonner Siegmund sont cousins du défi lancé par Prometheus à Zeus chez Goethe ou par Belsazar à Jéhovah chez Heine.

Dans l’Odin’s Meeresritt de Schreiber, Wotan, sous le nom qu’on lui connaît dans la mythologie nordique, terrorise le forgeron qui ferre les sabots de son cheval : dans le troisième acte de la première journée du Ring, Brünnhilde et ses soeurs sont prises de panique à l’arrivée de celui qui, emporté par une rage extrême, veut punir celle qui lui a désobéi.

Dans l’Erlkönig de Goethe et l’Herr Oluf de Herder (dont Goethe a repris l’idée et la structure pour composer l’un de ses poèmes les plus célèbres), le Roi des aulnes, en personne ou par l’intermédiaire de sa fille, terrorise dans l’un l’enfant, si mal protégé par un père qui ne peut ou ne veut pas comprendre, dans l’autre le futur jeune marié : les deux en perdront la vie.

Wotan, lui, au moment des adieux, où il ne peut qu’avouer tout l’amour, toute la tendresse et toute l’admiration qu’il porte à sa fille préférée, accepte enfin de la protéger : c’est le feu de Loge qui sera l’instrument de sa défense, ce feu qui brûle aussi dans le Feuerreiter de Mörike, dont les mots qu’il chante à sa terre, Orplid, dans Gesang Weyla’s, auraient pu servir au dieu des dieux wagnérien pour Brünehilde. Elle aurait pu lui répondre avec ceux de Verborgenheit : « laisse-moi être » …ô père trop possessif, trop puissant, trop violent…

Pour l’instant, Wotan plonge sa fille dans le sommeil et la protège, donc. Il avait auparavant laissé mourir son fils, Siegmund, sous les coups de Hunding : même jalousie, même vengeance que celle qui fait du géant un meurtrier dans Es euchtet meine Liebe de Heine.

Dans l’Edward de Herder, c’est le fils qui devient l’assassin de son père.

Dans Die feindlichen Brüder, encore de Heine, deux frères s’entretuent : on pense évidemment, dans la Tétralogie, à Fafner et Fasolt.

C’est à un dialogue entre Wagner, Loewe, Schumann et Wolf que nous vous invitons.

 

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